Il s’appelle Lucas, il a 9 ans.
Lucas vit dans une petite maison à Dusseldorf, avec un jardin à l’arrière et un salon où la télévision reste souvent allumée le soir.
Son père aime le football. Les matchs passent en boucle, toujours sur la même chaîne. Quand son équipe joue, personne ne doit faire de bruit.
Lucas connaît les règles. Il sait qu’il ne doit pas parler, ni bouger, ni poser de questions. Il regarde l’écran sans vraiment suivre le jeu, attendant surtout le moment où tout peut basculer.
Il a appris à reconnaître les signes. Le ton de la voix. Le silence entre deux actions. Le geste qui part trop vite.
Parfois, il espère que l’équipe marque. Pas pour gagner.
Juste pour que son père se calme.



